Festival de la parole
Pendant une semaine, les étudiants du Collège du Sud ont pu discuter et débattre autour de sujets, dont certains sont d’une brûlante actualité et d’autres éternels. On peut dire que la parole était en fête entre 12h00 et 13h00 tous les jours dans l’école.
On doit ces réjouissances à l’initiative d’un groupe d’étudiants du Collège du Sud (Angèle Mornod 2GY4, Marine Talamona 4GY1, Mylène Krattinger 4GY1, Anissa Grandjean 4GY3, Océane Gachoud 4GY4, Elise Lachat ancienne collégienne et Nathanël Mornod 4GY2) qui ont relancé avec faste et audace la formule: « ça se débat » pratiquée depuis quelques années à un rythme plus … sénatorial, dira-t-on.
A chaque jour son débat une semaine durant :
Lundi : Les réseaux sociaux : entre ouverture au monde et destruction des relations humaines
Mardi : Le langage : entre fixité et évolution
Mercredi : Se taire, est-ce mentir?
Jeudi: la liberté d’expression: peut-on tout dire?
Vendredi : la démocratie a-t-elle encore du sens aujourd’hui? (table ronde)
Les étudiants étaient soutenus par des invités (débatteurs ou consultants) de qualité qui pouvaient apporter sur les sujets retenus des compléments d’information très pertinents. Les étudiants débatteurs se sont engagés avec dynamisme dans ces prises de parole exigeantes et ont montré des talents certains pour l’art oratoire, même si quelques ajustements sont encore souhaitables pour certains d’entre eux. La discussion était ensuite ouverte aux nombreux étudiants et professeurs auditeurs qui n’ont pas hésité à donner leur opinion.
Réseaux sociaux : entre ouverture au monde et destruction des relations humaines
Les participants ont tour à tour pu montrer les bénéfices que l’on peut tirer des réseaux sociaux (disponibilité et richesse des informations, facilités des contacts, pertinence des contenus liés aux intérêts des internautes) mais aussi les risques : monopole et concentration des informations aux mains de quelques mastodontes du numérique (Facebook, Google, etc.), surveillance numérique, manipulations de données, dépendance des internautes).
La liberté d’expression : peut-on tout dire?
Le succès de cette semaine est indéniable particulièrement autour du débat sur la liberté d’expression de jeudi. Le dessinateur Alex y était invité et a montré autant de finesse et de pertinence dans ses prises de parole que dans ses dessins de presse. L’auditoire était réjoui et bondé.
La démocratie a-t-elle encore du sens aujourd’hui?
Le vendredi, on a débattu de « démocratie » avec des officiels rôdés à l’art de la prise de parole (Dominique de Buman, ancien conseiller national, William Frei, ancien diplomate et chargé de relations au Parlement européen, Henry Saker Mbida, spécialiste en philosophie africaine, Bastien Racca, étudiant en histoire et ancien membre de la Grève du climat et Philippe Huwiler, journaliste à la TV et modérateur pour le débat). Si la démocratie est le moins mauvais des systèmes, elle montre toutefois ses limites. M. De Buman déplore la lenteur des prises de décision qu’elle génère et M. Mbida explique qu’elle est polymorphe et ne doit pas nécessairement s’inspirer du modèle de « démocratie libérale » en vigueur en Europe occidentale ou en Amérique du Nord. D’autres avant eux ont osé critiqué la démocratie avec un humour et férocité :
La démocratie est la pire des dictatures, parce qu’elle est exercée par le plus grand nombre sur la minorité (Pierre Desproges).



